Sucer son pouce ou une sucette

 

Un bébé qui suce son pouce ou une sucette est un fait courant, presque banal. Le bébé le fait parce que ça le calme et que cela lui est visiblement agréable. Il pleure moins, s’endort plus facilement et ses parents peuvent gouter de longs moments de tranquillité. Mais cet avantage a peut être quelques inconvénients et bien des parents s’interrogent sur les éventuels effets secondaires.

Le pouce :
On peut voir par échographie le fœtus sucer son pouce dans le ventre de sa mère. C’est un geste simple et sans conséquence s’il n’est pas permanent et surtout s’il ne dure pas trop. Le risque de déformation de la mâchoire supérieure et d’avancée des dents est réel mais sera moindre si l’enfant ne suce pas tout le temps son pouce et il pourra se corriger spontanément si l’enfant abandonne cette habitude avant l’âge de 4 ans. Il ne faut donc pas vivre ce comportement comme un gros problème et encore moins comme une anomalie. Il faut amener progressivement l’enfant à se passer de cette habitude et il faut le faire par le discours et la persuasion et non par la contrainte. On lui répétera « qu’il ne faut plus le faire, que ce n’est pas bien, qu’on va se moquer de toi, qu’on ne suce pas son pouce quand on veut être grand» et on applaudira quand il s’arrête de le faire. L’utilisation de produits répulsifs, du type huile de cade (guatrane), est le plus souvent inefficace et toujours désagréable. La violence, verbale et physique, est à proscrire.

On prendra par contre l’avis du pédiatre ou d’une psychologue si l’enfant persiste à sucer son pouce après l’âge de 4 ans, surtout s’il le fait de façon constante et aussi pendant le sommeil.

La sucette :
Elle ne doit pas être proposée trop facilement à l’enfant. On remarque qu’elle est parfois mise en bouche dès les premiers jours de vie. On lui reproche de gêner la conduite de l’allaitement maternel. On la rend aussi responsable de difficultés d’acquisition du langage.

Elle a comme inconvénient principal de déformer davantage la mâchoire que le pouce. Elle peut aussi transmettre des germes lors d’un échange de sucette entre enfants. Elle peut enfin se déchirer et un de ses débris faire fausse route.
Par rapport au pouce, elle a néanmoins l’avantage de pouvoir être retirée à l’enfant, par exemple dès l’endormissement. Elle peut aussi lui être proposée pour atténuer son stress lors d’un examen de santé ou d’une vaccination.
Finalement, sucer son pouce ou une sucette n’est pas un drame mais il faut en réduire l’usage et amener l’enfant, peu à peu, ne plus le faire.

Dr Nabil CHAOUI – avril 2017

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