Luxation congénitale de hanche

Maladie luxante de la hanche ou luxation congénitale de hanche
La hanche est une articulation très importante parce qu’elle supporte le poids du corps et permet la marche. Le pédiatre va s’assurer de sa bonne santé dés la naissance et lors des visites médicales de la première année.
La hanche est produite par un emboîtement entre l’extrémité supérieure de l’os de la cuisse, ou tête du fémur, et une cavité dans l’os du bassin, dite cavité cotyloïdienne. Si cet emboîtement n’est pas bon à la naissance, nous aurons une maladie luxante. Elle peut être de gravité variable et on parlera de hanche luxable (la tête du fémur sort de la cavité cotyloïdienne), de subluxation de hanche (la tête est dans la cavité et n’en sort pas, mais elle est mal centrée et insuffisamment couverte par le toit osseux de la cavité cotyloïdienne) ou simplement dysplasique (la tête est dans la cavité, bien couverte par son toit osseux mais elle n’est pas bien centrée)
La recherche de la maladie luxante de la hanche sera systématique chez tout nouveau-né et nourrisson. On accordera un intérêt accru à des enfants plus à risque (qui ont un parent porteur d’une luxation de hanche, ceux qui sont nés avec une « boule fibreuse» dans le grand muscle du cou ou torticolis, ceux qui ont certaines malformations des pieds, les jumeaux, les gros poids de naissance.) Cette recherche se fait par l’examen physique et la radiologie.
Le pédiatre s’assure de la bonne position de la tête du fémur dans la cavité du bassin et de la stabilité de l’articulation en observant la posture des cuisses, en vérifiant la symétrie de longueur des membres inférieur et surtout en effectuant une manoeuvre dynamique (Barlow ou Ortolani) qui vérifie la stabilité articulaire.
L’échographie est le bon examen radiologique pour confirmer une maladie luxante. L’ossification de la tête du fémur et de la cavité cotyloïdienne est incomplète chez le tout petit et limite l’intérêt de la radiologie par rayons X avant l’âge de 4 mois. L’échographie confirmera la maladie, en appréciera la gravité et certifiera la guérison.
Le traitement sera d’autant plus efficace et plus simple qu’il est entrepris tôt. On peut stabiliser l’articulation et corriger le trouble par un langage approprié. On maintient les cuisses écartées, suffisamment mais pas trop. C’est le médecin, pédiatre ou chirurgien d’enfant, qui mettra en place le dispositif d’écartement (lange adapté, coussin d’abduction, harnais de Pavlik) et qui le vérifiera régulièrement jusqu’à la guérison. Il sera respecté jour et nuit.
Si le diagnostic est fait tard, après des mois, le traitement sera plus long et plus contraignant. La chirurgie pourra même s’avérer nécessaire.
Pour assurer à nos enfants une mobilité normale, la vérification des hanches du tout petit est donc un geste obligatoire. Le respect d’un bon langage, initié et contrôlé par un professionnel, permettra la correction d’une anomalie. En agissant tôt et bien, on corrigera la maladie luxante et on évitera à notre enfant de boiter pour la vie.

Dr Nabil CHAOUI – janvier 2017.

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