Hépatites virales

Plusieurs virus peuvent agresser le foie mais nous insisterons surtout sur le virus A, le virus B et le virus C. Il y a aussi un virus D qui peut compliquer l’infection par le virus B mais qui ne peut produire de maladie par lui-même et un virus E qui ressemble au virus A et qui est rare dans notre pays.

L’hépatite A
C’est l’hépatite virale la plus fréquente. Elle est encore très répandue chez nous alors qu’elle est devenue rare dans les pays à haut niveau d’hygiène. Le virus se transmet par l’eau souillée (péril fécal).
Trois fois sur quatre, l’infection par le virus A sera silencieuse et passera inaperçue. Elle est aussi rarement apparente chez le jeune enfant de moins de 3 ans. Pour les autres, elle s’exprimera par de la jaunisse.
L’enfant qui a ingéré de l’eau ou tout autre produit contaminé par le virus sera malade 2 à 6 semaines plus tard. Il fait alors un peu de fièvre, se sent fatigué mais c’est la douleur au ventre et surtout les vomissements puis la jaunisse qui vont orienter le médecin vers une maladie du foie.
La jaunisse colore d’abord le blanc des yeux avant de teinter la peau. Le pigment jaune passe dans les urines et leur donne une couleur thé foncé alors que les selles peuvent se décolorer. Le foie augmente un peu de volume et devient sensible à la palpation.
La maladie va durer une quinzaine de jours puis guérir, sans séquelles.
L’hépatite A n’impose aucun régime (le régime sans graisse est abandonné depuis plus d’un demi siècle), n’exige pas de repos forcé (l’enfant se repose s’il en éprouve le besoin) et n’a pas besoin de médicament. La maladie guérit donc seule et les médicaments sont à éviter car inutiles et mal tolérés par le foie malade.
L’hépatite A est très rarement grave, provocant la défaillance du foie et produisant des hémorragies et des troubles neurologiques. La maladie impose dans ce cas l’hospitalisation en urgence.
L’enfant élimine les virus par ses selles pendant la seule phase silencieuse de la maladie. Il n’est plus contagieux à l’apparition de la jaunisse. Il n’y a donc pas de raison de l’isoler des autres membres de la famille.
L’hépatite A est donc une infection qui se termine dans la très grande majorité des cas par une guérison spontanée mais elle donne encore l’occasion à des charlatans de faire croire qu’ils la guérissent par des scarifications et des cataplasmes. Un vaccin existe mais n’est pas systématique pour cette maladie plutôt bénigne ; il est surtout proposé aux enfants déjà porteurs d’une maladie chronique du foie.

 L’hépatite B et C
Plus rares, ces hépatites sont plus sérieuses car susceptibles de durer et de se compliquer.
Elles se transmettent chez l’enfant essentiellement au moment de l’accouchement, depuis une mère porteuse du virus vers son nouveau-né, accessoirement par du sang infecté (transfusion, chirurgie). L’adulte se contamine aussi par le virus B par contact sexuel.
Hépatite B et C peuvent se présenter comme une hépatite « banale » qui ne dure pas et guérit mais elles sont en général chroniques et peuvent exposer à des complications graves.
Une hépatite B contractée en période néo-natale peut ainsi demeurer silencieuse pendant des années. Elle finit souvent par guérir spontanément mais peut évoluer défavorablement et conduire dans 3-10% des cas à la cirrhose et même au cancer du foie. Ceci est encore plus vrai avec le virus C.
L’hépatite chronique exige donc une surveillance prolongée, éventuellement un traitement lourd.
Virus B et C doivent être dépistés, notamment chez la femme enceinte. La vaccination contre le virus B, introduite dans notre calendrier vaccinal depuis 2004, va faire reculer la maladie. Cette vaccination est proposée à la naissance pour bloquer la contamination du nouveau-né par une mère porteuse du virus. Elle sera renouvelée 2 fois pour renforcer l’immunité de l’enfant (lire l’article Vaccin contre l’hépatite B : cliquer ici).
Il n’existe pas encore de vaccin contre le virus C.

Dr Nabil CHAOUI – mars 2017

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