Invagination intestinale aiguë

C’est l’urgence chirurgicale abdominale la plus fréquente chez l’enfant de moins de 2 ans. Le pic de fréquence est vers 5-7 mois d’âge.

Elle résulte du télescopage de deux segments de l’intestin. Une portion d’intestin va pénétrer dans la portion intestinale mitoyenne, en général celle qui la suit. Les vaisseaux sanguins qui irriguent ces portions vont être étranglés et l’intestin va souffrir.

L’invagination se produit en général sans cause précise. On parle alors d’invagination idiopathique. C’est surtout le cas chez le nourrisson.

Plus rarement, l’invagination est favorisée par une maladie ou une lésion localisée de l’intestin (une collection sanguine, une tumeur, une malformation) qui fait obstacle aux contractions normales de l’intestin et conduit au télescopage. On parle alors d’invagination secondaire. C’est surtout le cas chez les grands enfants mais aussi chez les nouveaux nés.

Le début des signes est rapide, chez un bébé jusque là sans problème. Les cris et les pleurs expriment la grande douleur. Ils surviennent par accès, durent quelques minutes puis se calment avant de reprendre quelques instants plus tard.

L’enfant a le visage très pale au moment de ces crises douloureuses.

Il va refuser de s’alimenter et vomit souvent. Il s’arrête habituellement de faire des selles (certains émettent des selles diarrhéiques qui traduisent la souffrance de l’intestin). Il peut même rejeter du sang par l’anus, seul ou mêlé à la diarrhée. Il peut enfin faire de la fièvre.

 Les accès douloureux orientent le diagnostic. L’échographie faite dans l’urgence le confirmera (image en cocarde, en cible, en sandwich).

Le petit est de suite hospitalisé. Le chirurgien peut tenter de séparer (de désinvaginer) les deux segments en insufflant de l’air ou en injectant de la baryte ou une solution sous pression par l’anus. En cas d’échec, il opérera.

Les choses seront d’autant plus simples et le succès assuré si on pense vite à ce diagnostic.

Dr Nabil CHAOUI  février 2017

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