Pleurs et coliques du nourrisson

Les bébés pleurent pour exprimer un inconfort (j’ai faim, j’ai chaud ou froid, j’ai mal, j’ai peur, j’ai besoin que l’on s’occupe de moi…).
Le pleur est plus qu’un signal, il est une sorte de langage. Il parle aux parents qui l’entendent et le ressentent.
Ce pleur, les parents vont mal le vivre s’ils n’en devinent pas la cause, lorsqu’il dure, s’il est trop puissant, si sa tonalité est suraiguë ou plaintive. Il va les angoisser lorsqu’ils ne parviennent pas à le calmer.
Habituellement, un bébé pleure en moyenne 1heure ½ /jour le 1er mois, 2heures /jour le 2éme mois et 1heure/jour le 3éme mois. Il pleure moins les mois suivants.
Communément, les pleurs qui se prolongent sont attribués aux gaz intestinaux. Cette hypothèse est devenue l’explication et même le synonyme de coliques.

On va distinguer ensemble plusieurs situations, en se basant sur des indicateurs simples, et on va proposer des solutions.

Bébé pleure en fin de journée
C’est en fin d’après midi et en soirée que l’agitation se déclenche. Bébé était jusque là calme. Il a pris sa tétée, il est au chaud et au sec. Il débute subitement des crises de pleurs. Il semble souffrir. Son visage se crispe et devient rouge, il replie ses cuisses vers son ventre, son abdomen est tendu. On a du mal à le calmer. La crise se termine après de longues minutes, souvent avec une émission de gaz et/ou de selles, pour reprendre quelques instants plus tard et se prolonger des heures.
Ces crises débutent vers 2-3 semaines, atteignent un maximum vers 6-8 semaines et s’améliorent après 3 mois.
Aucun signe de maladie ne sera retrouvé. Bébé se développera normalement et gardera un examen physique normal.
On est devant un phénomène qui n’apparaît qu’un temps dans la journée, ne retentit pas sur la santé de l’enfant et disparaît seul après quelques semaines. On a remarqué que bien des fœtus font quelque chose de similaire, s’agitent dans le ventre de leur mère en fin de journée. On est probablement plus devant un phénomène d’adaptation à la vie hors du ventre maternel qu’en présence d’une quelconque maladie de l’intestin ou d’un déficit de l’enzyme qui digère le sucre du lait.
Les médicaments sont d’ailleurs inefficaces. La douceur des parents et le balancement améliorent bien mieux la situation. On peut avoir recours à la tisane avec graines de fenouil qui a fait ses preuves. On peut aussi s’aider d’une sucette le temps des crises pour l’abandonner dès l’amélioration obtenue. Il ne faut enfin pas avoir peur de le laisser pleurer un moment.
Restent de nombreuses questions : pourquoi ces pleurs n’intéressent-t-ils qu’un quart ou un tiers des bébés ? Quel est le rôle du système nerveux, de l’intestin, du cycle biologique qui contrôle la température et les hormones ? Comment agit la phytothérapie ? …la médecine finira par y répondre.

 Bébé pleure lorsqu’il mange
Le bébé a faim, commence à boire puis s’arrête, rejette le sein ou le biberon et pleure.
Cet inconfort peut signifier qu’il ressent des contractions digestives douloureuses.
En temps normal, le remplissage de l’estomac et le travail du colon se font sans douleur mais certains bébés peuvent en souffrir. C’est souvent un bébé qui boit vite, avale de l’air et ne fait pas de pauses.
Evitez de le faire patienter et nourrissez-le aux premiers signes de faim (s’il s’agite au réveil et suce sa langue ou sa main). Essayez ensuite d’interrompre sa tétée et faites le roter avant de poursuivre le repas. Essayez aussi un biberon qui fait avaler moins d’air et une tétine plus ferme pour ralentir le débit. Un lait épaissi améliore parfois la situation.Ce trouble s’estompe habituellement avec l’âge.

Bébé pleure lorsqu’il fait ses besoins
Assurez-vous qu’il n’est pas constipé et qu’il n’a pas d’irritation ou de blessure au niveau de sa marge anale (lire article sur la constipation).
Assurez- vous qu’il urine bien, avec un bon jet et sans douleur.  

Bébé pleure sans horaire ou circonstance particulière
Il a peut être simplement faim et réclame plus de tétées. Il grossit moins bien. Tout rentre alors dans l’ordre dés que l’on ajuste les apports.
Il peut aussi être malade. Il y a des maladies d’organes (inflammation de l’œsophage par reflux acide, souffrance du cerveau, maladies osseuses..) et des états d’intolérances ou d’allergie (protéines du lait de vache). Il y a aussi des états de souffrance psychique causés par le manque d’affection (mère dépressive, enfant abandonné)
C’est au pédiatre de rechercher les signes d’une maladie, de l’identifier et de la traiter.

Il y a aussi des bébés très exigeants qui ne supportent pas la solitude et réclament beaucoup de présence et d’affection. Les parents doivent les avoir prés d’eux. Ils vont se relayer et se soutenir mutuellement pour répondre aux besoins accrus de leur enfant.

On voit bien que les pleurs du bébé sont fréquents, qu’ils reconnaissent des causes variés et ne sont pas seulement synonymes de coliques et de gaz. Les causes simples sont quand même les plus fréquentes. Une bonne observation oriente la recherche d’une explication. Votre pédiatre vous aidera à traverser cette période difficile.

Dr Nabil CHAOUI  février 2017

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