L’enfant qui ne mange pas assez

La question importante à poser ici est de savoir si l’enfant est normal ou pas.
Si vous estimez que votre enfant ne mange pas assez, ne lui donnez pas de fortifiant ou un autre médicament mais consultez son pédiatre qui appréciera son état de santé et sa croissance en poids et en taille. Un enfant qui a un poids normal pour la taille et qui a une croissance régulière est un enfant qui mange suffisamment pour ses besoins.
Les enfants normaux ont des corpulences qui ne sont pas semblables et des besoins en nourriture qui diffèrent. Il y a ainsi des enfants minces, moyens ou plus gros, qui évoluent sur des courbes de croissance, certes différentes, mais toutes dans les limites de la normale. L’enfant plus gros que la moyenne ne sera pas plus résistant ni n’aura une meilleure santé que l’enfant plus mince.
Si votre enfant est en bonne santé, s’il est dynamique, si son médecin le voit grandir et grossir correctement, c’est qu’il n’a pas besoin de manger plus. Vérifiez néanmoins qu’il ne mange pas entre les repas, surtout des produits sucrés et salés, si répandus et variés de nos jours, qui coupent l’appétit.
Si votre enfant fait plutôt des refus alimentaires, en général pour les légumes et/ou les fruits, adoptant une alimentation faite de lait et de pâtes, c’est que l’on n’a pas bien réussi sa diversification alimentaire. 
Les enfants sont, au début de la vie, naturellement portés vers les nourritures sucrées et celles avec de la matère grasse, lait et céréales, qui leur apportent plus de calories. Ils marquent, par contre, une réticence naturelle vis-à-vis des autres aliments. Il faut donc les y habituer. 
Des fruits et des légumes leur seront proposés au 2ème semestre, de façon progressive et avec patience. On présentera quotidiennement la soupe, sur plus de 10 jours consécutifs si nécessaire, avec le sourire et sans contrainte, jusqu’au succès.
Puis on épaissira peu à peu le repas, on variera les goûts et les présentations. Plus tard, on apprendra à l’enfant les noms des légumes et des fruits, on lui permettra d’assister à la préparation du repas et de jouer à la dînette.
Il est mauvais de crier ou de menacer l’enfant, comme il est inutile de se transformer en clown pour gagner sa faveur. Le repas doit être un moment normal, de plaisir familial partagé, et non une contrainte. Avec l’âge, l’enfant adoptera les habitudes gustatives et alimentaires de sa famille.
Il faut par contre chercher une maladie physique ou un trouble psychologique si l’enfant a une mauvaise croissance et/ou des signes cliniques anormaux. Le pédiatre sera consulté qui décidera des bilans à faire et du traitement à donner à votre enfant.

Dr N. Chaoui – février 2016.

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