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Améliorer l’information en nutrition de l’enfant : un des buts de l’APLA. Dr N.CHAOUI
En Algérie, pouvoirs publics et professionnels de santé proposent des calendriers nutritionnels et des menus types pour l’alimentation des enfants. Ces recommandations, en général pertinentes, ne sont pas toujours similaires et sont souvent déclinées en des messages succincts et plutôt directifs. Les praticiens de terrain qui les donnent, y compris les pédiatres, n’ont pas de formation en communication. Ils les diffusent de ce fait sur un mode plutôt spontané et volontariste. Ces messages sont délivrés à des parents jeunes, appartenant à des milieux économiques et culturels variés. Les couples parentaux algériens sont assez peu informés sur la nutrition, considèrent volontiers les conseils et les pratiques de leurs parents sur le sujet comme obsolètes et attendent beaucoup de la parole médicale. Peu de supports écrits sont disponibles et l’accès au Net est encore limité. Les écrits proposés ne sont pas toujours attractifs et l’expérience a montré que les messages délivrés sous la forme d’une fiche technique ou d’un placard n’ont que peu d’impact sur les comportements. Le discours sur l’alimentation de l’enfant risque au finish d’être mal transmis, mal reçu et mal compris. Il peut non seulement manquer d’efficacité mais il peut même générer des attitudes parentales inappropriées, voire même des rigidités. La communication dans le domaine de la nutrition doit donc être une préoccupation pour l’APLA. Nous devons apprendre à transmettre le savoir dans ce domaine essentiel, en tenant compte des progrès scientifiques, des particularités et des variantes du comportement alimentaire des enfants, des conditions socio-économiques et culturelles de leurs parents. L’organisation d’un atelier de communication dans le domaine de la nutrition est programmée par notre association et devrait lancer un programme de formation à l’intention des pédiatres de ville et la réalisation des supports nécessaires à l’information des parents. Souplesse du comportement alimentaire de l’enfant, rigidité des pratiques. Dr N.CHAOUI
En Algérie, un nombre très important de parents juge la consommation alimentaire de leur enfant insuffisante voire préoccupante. « L’anorexie » est ainsi un des grands motifs de consultation en pédiatrie de ville, parfois le motif principal de la visite médicale.
Dans la plupart des cas, le pédiatre constatera que l’enfant pour lequel on s’inquiète a un développement staturo-pondéral régulier et un état de santé physique et mental normal, mais il aura bien du mal à faire admettre aux parents que son alimentation est suffisante car elle couvre ses besoins. Les mots rassurants sont rarement convaincants. Le pédiatre est obligé de consacrer beaucoup de temps pour expliquer les particularités et les variantes du comportement alimentaire des enfants. Il doit dire, en mots clairs et simples, que le comportement alimentaire de l’enfant est correct, qu’il est naturellement souple et s’adapte bien aux besoins nutritionnels. Les spécialistes en nutrition estiment en effet que les enfants sont largement capables d’adapter leur consommation alimentaire à leurs besoins et qu’ils sont bien plus sensibles que les adultes aux signaux internes qui contrôlent la faim et la satiété. Si nous mettons à leur disposition des aliments variés, les enfants régleront leur prise alimentaire avec une plus grande spontanéité que les adultes. Ils repartirons les repas, varierons les aliments et adapterons les apports à leurs besoins bien mieux qu’on ne le croit communément. Ils ne se laisseront pas dépérir, encore moins mourir de faim. Cette souplesse du comportement alimentaire de l’enfant n’est pas incompatible avec le respect des équilibres nutritionnels et les impératifs socioculturels auxquels l’enfant doit se plier. Son environnement social va l’amener à varier son alimentation, à manger à heures fixes, à consommer ce que l’on a préparé pour la famille. On cherchera même à le persuader de finir ce qu’il a dans son assiette. On peut concilier toutes ces exigences si nous expliquons le comportement normal de l’enfant et si nous combattons les conseils et les pratiques rigides. On pourrait par exemple rassurer des parents inquiets en leur faisons admettre que : Les variations comportementales sont importantes d’un enfant à l’autre. Qu’il faut respecter un petit appétit s’il autorise un devellopement normal. Qu’il y a des changements d’appétit comme il y a de nouvelles préférences. Que l’attirance pour le sucré est naturelle et la résistance aux saveurs nouvelles habituelle. Que l’acquisition des goûts passe par un apprentissage progressif. Que l’attrait pour un repas repose largement sur les perceptions sensorielles, son aspect, sa présentation ou son odorat plutôt que sur ses qualités nutritionnelles. Qu’il ne sert pas à grand-chose de dire « mange, c’est plein de vitamines » mais plutôt « goûte » et cætera… Le groupe nutrition de l‘APLA développera une telle approche dans les ateliers de nutrition, par des conférences et par des écrits. La tache sera difficile car il s’agit de combattre des idées reçues et de changer des comportements mais l’enjeu est important et mérite l’effort. |